[Épinglé] Humaniser les porcs? | La Recherche

En 1906, Mathieu Jaboulay greffe au pli du coude d’une malade atteinte d’insuffisance rénale un rein de porc fraîchement tué. Qu’observe, selon toute vraisemblance, le chirurgien lyonnais ? Une fois les sutures vasculaires terminées, l’organe, irrigué par le sang du receveur, commence par rosir. Le rein peut même émettre quelques gouttes d’urine. Mais quelques heures plus tard, c’est l’échec : le greffon noircit rapidement et se détruit. Jaboulay note l’obstruction des vaisseaux par des caillots sanguins et conclut que la greffe provoque une activation de la coagulation.

Cette nécrose spectaculaire, qui peut survenir en quelques minutes, est en effet due à l’apparition d’une thrombose* et d’une violente inflammation. Et c’est le premier obstacle rencontré lors d’une greffe entre espèces éloignées au plan phylogénétique. Les scientifiques l’appellent le rejet suraigu.

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Via: http://www.larecherche.fr/savoirs/dossier/humaniser-porcs-01-05-1999-84511