La chaussée de demain se prépare




Hit the Road, Jack!

Mise en ligne par joaobambu

A l’heure actuelle, les enrobés des chaussées endommagées sont concassés avant d’être réutilisés sur la même chaussée, ce qui évite l’ouverture de nouvelles carrières et le transport de matériaux. La technique, qui devrait se généraliser dans les prochaines années, vise à recycler 100 % des matériaux de la route, contre environ 30 % actuellement.

Les nouveaux composés, eux, seront d’origine végétale. Les recherches sur les substituts aux dérivés du pétrole ont déjà démarré. En septembre 2007, le groupe Colas a ainsi été récompensé pour son produit Végécol, le premier liant de nature végétale mis sur le marché.
La mise au point d’enrobés tièdes qui abaissent la température de pose du revêtement permettra des économies d’énergie.
On imagine aussi des revêtements qui absorberaient le rayonnement solaire.
Certains, déjà, neutralisent des gaz toxiques. Inaugurée en octobre 2006 à Dinan, la « chaussée dépolluante », neutralise les oxydes d’azote par l’action de la lumière!
De nouveaux matériaux sont à l’étude, pour raccourcir la distance de freinage ou avertir l’automobiliste que le sol est verglacé. En novembre 2007, un revêtement thermosensible, dont le vernis passe de l’incolore au rouge lorsque la température de la chaussée descend au- dessous de 1°C, a été lancé.

On peut même envisager un matériau qui reconnaîtrait la trajectoire d’un véhicule ayant perdu sa maîtrise, et qui se ramollirait pour l’aider à freiner

Une sorte de résine, couplée à des capteurs capables de détecter des anomalies de conduite. De même, les glissières de sécurité pourraient être reliées à un système électronique, de façon que la chaussée alerte les secours en cas de choc violent.

En informant, quelques secondes à l’avance, un usager qu’il arrive à la fin d’une section couverte d’un revêtement drainant, la route lui signalerait qu’il risque d’entrer dans un nuage de gouttelettes d’eau soulevées par les autres véhicules, l’invitant de ce fait à réduire sa vitesse. Elle pourrait aussi lui indiquer, en fonction des virages, des pentes et de la météo, l’itinéraire idéal pour consommer le moins d’essence ou la vitesse optimale à adopter pour que le trafic reste fluide. Le Japon a déjà adopté des panneaux de limitation de vitesse variables selon la circulation, la météo, ou encore le nombre de poids lourds sur la route.

Source: Sophie Blitman, Le Monde du 06.01.08.