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Faire du fromage à partir du lait et du bioéthanol à partir du petit-lait!

Toutes les recettes de fromage ne sont que la déclinaison de la bonne vieille recette du fromage blanc. Cette recette très simple peut même être pratiquée par les enfants, à l’école ou à la maison. Elle consiste à faire cailler le lait grâce à la présure.

Recette du fromage blanc.

Il faut:

  • du lait frais entier
  • de la présure (enzyme permettant le caillage ou coagulation du lait)
  • un récipient
  • un linge
  • une passoire
  1. Amener progressivement le lait à une température de 35°.
  2. Ajouter 3 à 4 gouttes de présure par litre de lait
  3. Couvrir le récipient avec le linge.
  4. Placer le tout à 20°.
  5. Attendre le caillage du lait une dizaine d’heure. Le lactosérum va se séparer du caillé.
  6. Verser le contenu du saladier dans la passoire recouverte par le linge qui sert de filtre.
  7. Récupérer le contenu du linge dans un bol. Le lactosérum ne sert à rien et peut être jeté.
  8. Déguster

Quelques photos mises en ligne par courgettelawn sur la fabrication du fromage:

Devinez la couleur du lactosérum 😉

Gagné! Le lactosérum, appelé aussi « petit-lait », est le liquide jaunâtre, la partie solide est le caillé.

Theo Muller, lui aussi, utilise cette recette ancestrale. Sauf que Theo Muller est le principal groupe laitier allemand et qu’il a trouvé le moyen de transformer le lactosérum en bioéthanol!

Vous allez me dire: “Et alors? Ca sert à quoi le bioéthanol?”

Et bien le bioéthanol est ni plus ni moins qu’un biocarburant, ici, c’est même un agroburant puisqu’il provient de l’agriculture. On peut utiliser ce bioéthanol dans n’importe quel réservoir d’essence de voiture!

Il faut savoir que jusqu’à présent le lactosérum était le plus souvent jeté car inutilisable peu valorisé. Theo a fait d’un déchet produit peu valorisé, une source d’agroburants! Theo: 20/20!

Le groupe laitier Theo Müller a annoncé qu’il se lancerait, d’ici la fin de l’année, dans la production de bio-éthanol à partir de résidus du lait, une première mondiale!

Le groupe a investi 20 millions d’euros pour développer un procédé qui permettra de produire de l’éthanol à partir du petit-lait. Cette matière première, qui jusqu’à présent était éliminée, est quasiment gratuite!

L’entreprise espère produire d’ici 2008 dix millions de litres de bio-éthanol “laitier”, dans une usine construite près de Dresde.

Cette annonce survient alors que les ministres européens de l’énergie se sont mis d’accord pour imposer une incorporation de 10% de bio-carburants dans les carburants de l’Union européenne d’ici à 2020.

Sources: BE Allemagne numéro 328 (29/03/2007) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT, CourgetteLawn – Flickr

Image de gaggy sous licence CC

Jatropha curcas : une plante source de biocarburants pour les pays émergents?

Jatropha curcas (également appelée Pourghère, Pignon d’Inde ou Médicinier) tel est le nom d’une plante porteuse d’espoir. Très peu exigeante, les fruits fournissent une huile qui peut être transformée en un biodiesel abondant et de bonne qualité. Jatropha curcas valorise des terrains peu fertiles… tout en étant une source d’énergie renouvelable!

Il faut dire que Jatropha curcas est une plante de la famille des Euphorbiaceae, plantes à latex. Elle est très résistante au manque d’eau. Si une sécheresse survient, la plante perd ses feuilles et peut survivre trois ans dans ces conditions!

Originaire des Caraïbes, ce sont des marchands portugais qui ont répandu cette plante en Afrique puis en Asie.

A quoi ressemble cette plante?
http://flickr.com/photos/wouter_achten/796463020 Woetanhttp://flickr.com/photo_zoom.gne?id=500685933 Thomas Marescahttp://flickr.com/photo_zoom.gne?id=316185301 Rodac
Des initiatives ambitieuses se répandent…

Chine, Népal, Thaïlande, Indonésie, Philippines, Cambodge, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Ghana, Togo, Malawi, Zambie, Tanzanie, Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Tunisie, Maroc, Égypte, dans tous ces pays des projets se montent pour développer cette culture.

En Inde, le gouvernement a pris des mesures visant à améliorer l’indépendance énergétique du pays. Il s’intéresse donc à toutes les formes d’énergie renouvelable. Jatropha curcas est en première ligne.

40 millions d’hectares de terrains pourraient accueillir Jatropha curcas en Inde. Le but final serait d’assurer 20% de la consommation de diesel en Inde d’ici 2011.

Un projet à Virat Nagar (Inde):

http://flickr.com/photo_zoom.gne?id=428215902&context=photostream&size=l  Anne Marie Moellerhttp://flickr.com/photo_zoom.gne?id=428215896&size=l  Anne Marie Moellerhttp://flickr.com/photo_zoom.gne?id=428215940&context=photostream&size=l Anne Marie Moeller

La culture du jatropha se fait à moindre coût.
Chaque arbuste donne annuellement (et pendant plus de trente ans!) 2 à 3 kg de fruits fournissant une huile végétale facile à transformer en biodiesel. Chaque graine contient environ 35 % d’huile. Huit kilos de récolte permettent de produire plus de 2 litres de biocarburant.

A la différence des biocarburants issus du maïs ou du soja, la culture ne risque pas de grignoter les terres de l’agriculture nourricière, la plante étant cultivée sur des terres délaissées. Elle pousse aussi bien en Egypte qu’à Madagascar ou au Guatemala. Le gouvernement indonésien a décidé d’encourager sa plantation à grande échelle. Au Brésil, la compagnie pétrolière Petrobras tente un projet pilote avec 5 000 familles d’agriculteurs pour cultiver ce nouvel or vert.

Luc Ihaddadène sur Le Monde.fr (Article paru dans l’édition du 11.02.07)

Source: Le Monde.fr (Article paru dans l’édition du 11.02.07), BBC News, The Cultivation of Jatropha, Times, Renewable Energy Access (Ces derniers sites sont en anglais.)
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